Pourquoi une enquête publique?



Depuis que les scandales dans l'industrie de la construction ont éclaté au grand jour, le Parti Québécois réclame une enquête publique et indépendante sur cette industrie. Le gouvernement Charest répond invariablement que les enquêtes policières doivent être menées à terme avant qu'il n'ose envisager une enquête publique.

L'opération Marteau, menée par l'escouade mixte sur la malversation et la corruption dans l'industrie de la construction, mise sur pied en octobre dernier par la Sûreté du Québec (SQ), touche notamment les liens entre le monde municipal, le gouvernement, les entreprises en construction et les firmes de génie-conseil. Mais ce n'est pas suffisant! Même les policiers et les procureurs du Québec réclament une enquête pour faire toute la lumière sur cet enjeu brûlant.

La Commission Gomery a mis à jour un système ancré de détournement de fonds mis en place par les libéraux fédéraux pour entre autres sur-financer la campagne référendaire du 'Non' à la souveraineté du Québec en 1995. Cette commission d'enquête publique avait pourtant lieu en même temps que les enquêtes policières! Contrairement à ce que laisse entendre Jean Charest, ces deux moyens d'intervention ne sont pas contradictoires, mais complémentaires.

Parce que les routes au Québec coûtent 30% de plus qu'ailleurs au Canada - malgré un climat similaire.

Parce que les enquêtes policières ne peuvent qu'identifier et condamner quelques individus coupables de collusion ou de trafic d'influence. Beaucoup plus large, la commission d'enquête permet de mettre à jour des systèmes, d'obtenir l'avis d'experts, assigner des témoins et surtout formuler des recommandations pour remédier à ce problème social.